La suppression de la DLUO sur les emballages votée au Sénat

La suppression de la DLUO sur les emballages votée au Sénat


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Adoptée par le Sénat, la loi sur la transition énergétique devrait supprimer la date limite d'utilisation optimale (DLUO) des étiquettes. Créée pour réduire le gaspillage alimentaire, cette mesure pourrait toutefois embrouiller les consommateurs.

Inscrit dans la loi sur la transition énergétique adoptée par le Sénat mardi dernier, l'amendement n°122 prévoit de supprimer la date limite d'utilisation optimale (DLUO) de certaines denrées alimentaires. Cette indication, remplacée depuis 2011 par le terme de Date de durabilité minimale (DDM) par le règlement européen n°1169/2011, se retrouve sur les emballages précédée des mentions "A consommer de préférence avant le..." ou "A consommer avant fin...". Elle indique qu'un aliment peut être consommé sans danger, après dépassement de la date. En revanche, certaines de ses caractéristiques peuvent être altérées (goût, couleur, croquant, moelleux...). 

Toutefois, la DLUO (ou DDM) est différente de la date limite de consommation (DLC) indiquant que la consommation d'un aliment, après la date, est dangereuse pour la santé. Elle est précédée de la mention "A consommer jusqu'au...". Aussi, pour éviter la confusion entre ces deux recommandations, l'amendement n°122 a été ajouté dans la loi de transition énergétique. De ce fait, la DLUO "figurant sur les produits alimentaires non périssables tels que les produits stérilisés ou présentant une faible teneur en eau", sera prochainement supprimée. Cette décision a pour but de réduire le gaspillage alimentaire, certaines denrées avec une DLUO étant souvent jetées, par les consommateurs et les distributeurs, bien que consommables. 

Les denrées non périssables désignent entre autres les produits secs (pâtes, riz, céréales, légumes secs...), le thé, les huiles, le sel, le sucre, les boissons ou encore le chocolat. D'autres aliments comme les surgelés et les produits déshydratés (lait infantile, soupes en sachet...) sont également concernés par la suppression de la DLUO. A cela se rajoutent les produits à faible teneur en eau.

Un manque de repères sanitaires pour les consommateurs ?

L'effacement de la DLUO pourrait avoir des conséquences allant à l'encontre du but recherché. En effet, sans repère temporel pour le guider, le consommateur pourrait plus facilement jeter les denrées visées, ne sachant plus ou pas à quel moment elles ont été achetées. 

Par ailleurs, l'exemple des yaourts à été plusieurs reprises présenté pour illustrer cette mesure, notamment en relayant les propos de Ségolène Royal, ministre de l’Écologie. "Les laboratoires l'ont prouvé, un yaourt peut être consommé jusqu'à trois semaines après sa date limite d'utilisation optimale". Reprise dans La Dépêche, cette déclaration présente toutefois un contresens. En effet, les yaourts et la majorité des produits laitiers sont des produits périssables, étiquetés avec une DLC. Si la date limite de consommation sur ces produits peut effectivement être allongée, elle reste primordiale, compte tenu des possibles intoxications alimentaires, suite à l'ingestion d'un produit périmé. De ce fait, l'amendement voté n'aura aucun effet sur cette catégorie de produits.

Côté distributeur, Carrefour a récemment publié un communiqué, apportant une alternative à la suppression de la DLUO. L'enseigne de la grande distribution y précise qu'elle a, depuis 2013, commencer à modifier les DLUO et les DLC affichées sur les produits de sa marque propre. Elle affirme avoir allongé les DLC sur 165 produits, "se traduisant par une DLC étendue entre 7 à 10 jours sur les yaourts et entre 2 à 8 jours sur les crèmes dessert". De même, la DLUO a été supprimée sur plus de 50 références (sucres, huile, sel...) et allongée sur "135 produits de type céréales, riz, fruits secs, compotes".

Article rédigé par La Rédaction Au-Magasin.fr

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